Karibu !

Karibu ! (Bienvenue !)

Bonjour à tous,

honte à moi qui n’ai pas donné de nouvelles plus tôt… Ceci étant, pour ma défense, Internet n’est pas le même à Mayotte et en métropole, et les FAI1 non plus !

Mon voyage de Paris à Mayotte s’est très bien passé, même si le premier vol a peut-être été un peu long (11 h d’inconfort des sièges, de bruit ambiant ou… d’impatience ?). Air Austral est une compagnie sympathique, les hôtesses et stewards sont accueillants, on y mange bien et il y a de quoi s’occuper avec l’écran personnel quand on ne réussit pas à dormir… J’ai fait une petite escale à l’aéroport de la Réunion qui a permis de se préparer en douceur à mon arrivée à Mayotte : différents oiseaux dans le salon d’attente, fruits exotiques, vue sur mer, soleil radieux, chaleur… omniprésente !

J’ai l’impression que la plupart des voyageurs à destination de la Réunion y allaient en vacances. Contrairement au 2nd vol où j’ai pu commencer à me mêler à une population faite à la fois de locaux et d’expatriés comme moi, qui à l’arrivée étaient soit peu chargés (aller-retour rapide ?), soit très lourdement (je faisais partie de cette catégorie). J’ai donc croisé les premières femmes (maɓweni) mahoraises vêtues de leur saluva et de leur kishali hauts en couleurs, et parées pour certaines d’un mzindzano. Intrigués par ces mots ? Le saluva est la pièce maitresse de la tenue traditionnelle des maɓweni et le kishali est une sorte de châle qui vient, en complément, habiller la tête ou les épaules. Le mzindzano, enfin, est un masque de beauté qui sert également à protéger du soleil et à purifier la peau ; il est obtenu à partir de bois de santal. Quelques hommes (mamwenye) étaient aussi en tenue traditionnelle : une grande robe (kandzu) et coiffés d’un chapeau (kofia). Nous reviendrons certainement sur tous ces vêtements plus tard.

Jeunes femmes mahoraises vêtues d’un saluva et d’un kishali porté sur la tête pour certaines, sur l’épaule pour d’autres

Mzindzano

Mzindzano

Mzindzano plus travaillé

Mzindzano plus travaillé

Homme vêtu d'un kandzu et coiffé d'un kofia

Homme vêtu d’un kandzu et coiffé d’un kofia

Mon atterrissage à Mayotte se fit sous une chaleur étouffante sur un tout petit aéroport, après un survol nuageux de l’île — c’est à ce moment-là que je me suis demandé ce que je faisais là. Tous mes bagages m’ont été rendus, dans une atmosphère qui sent bon le Hakuna Matata (ou pole pole) ! J’ai ensuite rejoint à l’arrivée des voyageurs une expat’ que je connais bien et qui était venue m’accueillir avec un collier de fleurs et un « Karibu !« .

Salle d'arrivée des bagages à l'aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi (Mayotte)

Salle d’arrivée des bagages à l’aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi (Mayotte)

Pour rejoindre son appartement, il nous fallait prendre un taxi jusqu’à la barge qui permet d’aller de l’île Petite-Terre (où se trouve l’aéroport) à Mamoudzou sur l’île principale Grande-Terre. Nous avons fini le trajet à pied au sortir de la barge. Le trajet en taxi fut assez épique et permet de bien se mettre en condition : 10 minutes de trajet dans une Peugeot 206 manyenye (en mauvais état) à 4 passagers, le coffre ouvert et les valises qui en débordent…

Taxi mahorais

Taxi mahorais

C’est donc le jour de mon arrivée que j’ai découvert la barge, le moyen de transport que j’allais prendre tous les jours pour me rendre à mon travail. C’est une sorte de bac qui peut transporter motos, scooters et personnes de Grande-Terre à Petite-Terre toutes les 30 minutes. Premier aperçu de l’île sur le lagon… Waouh !

Mamoudzou (vue de la barge)

Mamoudzou (vue de la barge)

Ensuite, et pour finir, nous avons marché sous le soleil, pendant une quinzaine de minutes dans les rues de Mamoudzou. Je m’attendais à pire, après avoir visionné l’émission Enquête exclusive « Mayotte : les aventuriers de la France perdue » diffusée sur M6 en 2009 (qui a d’ailleurs fait beaucoup réagir).

En fait, même si ça ne ressemble pas vraiment à la métropole, on est évidemment choqué par la pauvreté et l’insalubrité qui règnent dans ce territoire français. Certaines maisons ne sont pas terminées, beaucoup de détritus jonchent le sol et les bas-côtés, les véhicules sont en mauvais état et des femmes (comoriennes) peuplent les trottoirs pour vendre fruits, légumes, vêtements… Mais j’ai apprécié la vie qui pullule et les gens qui rient, sourient et prennent leur temps. Étrange de voir aussi que le Code de la route ne doit pas tout à fait être le même ici…

Vue de l'appartement

Vue de l’appartement

Karibu sur l’île aux parfums !

PS : bientôt un article sur mes premiers jours à Mayotte et un autre sur mes premières impressions au travail.


1 FAI : Fournisseurs d’Accès à Internet

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